Home Découverte Pilote de Vinyl – L’identité Rock’n Roll

Pilote de Vinyl

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C’est l’histoire du Rock’n Roll, la vraie, celle de la rencontre entre une ligne blanche et une créativité sans limite, celle d’une époque révolue et révolutionnaire se mariant avec une cuillère à sucre brun, celle qui a changé la façon de faire de la musique et de vivre tout simplement.

Retour sur Vinyl et son pilote diffusé hier soir sur HBO, qui nous a laissé sans voix.

Vinyl – Le pitch

Pilote de Vinyl

Pilote de Vinyl

Pour comprendre l’essence même de cette nouvelle série TV, il faut vous lever, porter des lunettes de soleil style “Aviateur”, vous allumer une bonne vielle clope sans trop la fumer, prendre de la main droite une bouteille de Jack Daniels et mettre à fond Whole a Lotta of Love de Led Zep. Sans ce decorum, impossible de vous raconter Vinyl.

Tout d’abord, pour parents, Vinyl dispose d’un couple qui correspond à cette lourde tache que de lancer celle qui s’annonce comme la meilleure série TV de 2016. En effet, pensée et produite par Mick Jagger et Martin Scorsese, Vinyl raconte l’histoire de Richie Finestra, un producteur de musique dans les années 70.

Le pilote est réalisé par Scorsese et son scénario, quant à lui, est signé par Jagger. Du lourd, du très lourd.

Vinyl – Le pilote

Pilote de Vinyl

Credits: HBO

Pas de spoiler ici, juste une présentation.

La première scène de la série se présente comme un véritable programme. Et on y adhère sans problème. Richie, le héros de la série, se trouve en train de tapper une ligne de coke dans une ruelle, utilisant une carte de flic pour arranger sa ligne. Il appelle alors la police et demande à parler à un inspecteur de la section Homicides quand un groupe de gamins assez excités débarque et le tease dans sa voiture. Les jeunes individus sont en route pour aller voir et écouter les New York Dolls. Richie reste bouche bée, comme hypnotisé.

Le décor est planté. Richie vend sa boite de production American Century Records. Mais surtout il se rend compte qu’il a perdu totalement sa passion pour la musique. On le retrouve “high”, perdu, cynique et totalement dépassé par une époque qui semble lui échapper, par un mouvement dont il ne fait quasiment plus partie et au coeur duquel, sa place reste indéterminée.

Je vous l’ai dit, il vous faut une bonne dose de bourbon pour déguster ce pilote.

Sur fond de remord et de regret, on en apprend pas mal sur Richie (admirablement joué par Bobby Cannavale, en grande forme).

Il croit ou feint de croire que s’il vend tout ce pourquoi il s’est battu, il pourra retrouver cette hargne et la baracca. Son associé et sa femme comptent sur lui, sans doute un peu trop. Mais ses employés, eux, voient juste : c’est un junkie dépassé.

Pilote de Vinyl

Credits: HBO

Cannavale propose un jeu singulièrement redoutable, loin de tout ce que nous aurions pu imaginer pour Richie. Qu’il est loin le temps de Ally McBeal, de Sex and the City, de Shall we Dance, de BoardWalk Empire ou encore de Nurse Jackie pour le beau gosse d’Hollywood, transformé en producteur de Rock à la Brian Jones. Cannavale offre un regard spécial sur le personnage qu’il incarne, perdu entre force passée et dépassée et décadence terrible à forte tendance d’autodestruction. Le personnage de Richie est tellement là, qu’on a la sensation qu’il figure dans toutes les scènes de ce pilote. Un vrai truc de ouf.

On en apprend pas mal sur l’histoire de sa vie, entre grandeur et décadence, entre succès et chute. On découvre pas mal de flashbacks accompagné d’une histoire racontée à minima par une voix-off qui donne des frissons. Et bottom line, Richie raconte l’histoire d’un type qui n’avait aucun talent pour la musique mais qui avait du flair. Et ce flair de faire son succès et ses échecs.

Son premier coup, c’est d’avoir rencontré un musicien de Blues, Lester Grimes (admirablement joué par Ato Essandoh qui ressemble à Elmore James, c’est dingue). Cette rencontre pose un postulat que tous les grands fans du Rock’n Roll érigent depuis la nuit des temps en véritable commandement sacré : “Pour apprécier le Rock’n Roll, le Blues tu joueras et aimeras !”. Anthologique car on retrouve la touche Jagger qui n’a eu cesse depuis plus de cinquante ans de crier haut et fort que le père du Rock’n Roll ne peut être autre chose que le Blues du Delta (c’est Eric Clapton qui doit être content).

Mais revenons à Lester Grimes, le premier client de Richie qui lui offre son premier nom de scène : Little Jimmy Little.

A travers l’histoire de sa première affaire, on retrouve au final, en forme de reflet, l’expression du mal-être de Richie à l’heure où il doit vendre American Century Records. En effet, Richie n’avait pas réussi à amener Grimes là où il l’avait souhaité, marque d’une première frustration, engendrant pas mal de doutes, lesquels l’accompagnent à l’heure de vendre l’affaire de sa vie.

Pilote de Vinyl

Credits: HBO

Les autres personnages du pilote se présentent de manière plus légère. En effet, on découvre ses associés d’aujourd’hui, Zak (Ray Romano) et Skip (J.C. Fontaine) qui relèvent d’avantage de la comédie que d’une série 100% Rock’n Roll, on dirait même du Empire à ce stade. Devon (la belle Olivia Wilde de House) campe le rôle de la femme de Richie. Mais là, également, il est trop tôt pour comprendre l’implication de ce personnage dans la vie de Richie.

Pour comprendre la profondeur du monde de la musique en général et celui du Rock’n Roll des années 70 en particulier, il faut s’intéresser à Jamie, qui croit dur comme fer qu’un son novateur et génial peut faire parler les gens. Un simple riff de guitare travaillé sur une vielle Gibson LP peut changer le monde. C’est ce que croit Jamie.

Le pilote se concentre principalement sur les personnages et la mise en place d’un décor “rock” teinté de détresse personnelle, de drogue, de problèmes financiers et bien d’autres. Mais surtout, ce pilote se veut programmatique et se présente sous la forme d’une véritable ode à une époque perdue, celle qui a vu grandir de si nombreux artistes (en premier lieu son scénariste) mais qui a vu également disparaître ou commencer à disparaître des légions de génies de la musique et de la rock’attitude. Richie est un concentré de tout cela et va même s’essayer au meurtre ou en tous cas aider quelqu’un à tuer quelqu’un d’autre. S’agit-il ici d’une confession pour l’un des Rolling Stones dont l’implication dans la mort d’un autre Rolling Stones n’a jamais été véritablement expliquée ?

Rien n’est certain. Si ce n’est que le décor semble planté pour une série TV qui va déranger les petits ronflants que nous sommes habitués à nos séries policières, romantiques ou vampires/zombies. Il est question de Rock’n Roll ici. Et le Rock’n Roll n’est rien d’autre, au final, qu’une identité déclinée musicalement mais surtout personnellement. C’est ce que Richie va nous prouver lors de la première saison de Vinyl.

Avec Seriesblog.tv, découvrez maintenant le trailer de Vinyl et sachez que dès ce soir (le 15 février) l’excellente chaîne OCS dévoilera ce petit bijou à 20h55 :


Vinyl sur OCS dès le 15 février : 3ème trailer by OCS
 

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A propos de 

Guillaume c'est le boss. Le moine tibétain de SeriesBlog.TV. Fondateur du webzine, il est l'esprit de la rédaction, surtout spécialisé dans les séries TV policières et judiciaires. Guillaume est au séries TV ce que le Dalai Lama est au bouddhisme, une preuve d'humilité ? Lol.

Guillaume c'est le boss. Le moine tibétain de SeriesBlog.TV. Fondateur du webzine, il est l'esprit de la rédaction, surtout spécialisé dans les séries TV policières et judiciaires. Guillaume est au séries TV ce que le Dalai Lama est au bouddhisme, une preuve d'humilité ? Lol.